Doit-on se protéger?

Toute protection attire à soi, comme un aimant, ce contre quoi l’on tente de se protéger. Tant que ce que l’on crée puise sa substance, sa matière dans la dualité, apparaîtra la contrepartie contraignante de sa création. On ne peut ainsi créer une protection sans générer, dans le même temps, ce qui, invariablement, viendra éprouver cette protection. L’ego justifie toujours la mise en place d’une protection par une expérience passée – forcément non transcendée – ou par la peur d’un futur qu’il ne peut évidemment contrôler.
Tout le concept des assurances contractées pour se prémunir contre le vol, les accidents, la perte de biens, les risques, etc repose sur l’idée d’un bonheur préservé par des protections, alors même que ce sont ces protections qui génèrent les éléments constitutifs de ce que l’on voit comme du malheur. Ce cercle est vicieux. Plus l’on se protège, plus l’on devient une cible. Plus l’on devient une cible, plus l’on est attaqué. Plus l’on est attaqué, plus l’on cherche à se protéger. Et ainsi de suite… Celui qui est pleinement conscient de sa nature divine n’a pas besoin d’armure, parce qu’il sait qu’en vérité, il n’y a rien à protéger. Celui ou celle qui s’identifie à sa forme physique et est donc tributaire de son indéniable vulnérabilité se sent nécessairement appelé à revêtir des protections…
Préservation n’est pas protection. La préservation puise sa substance dans l’amour qui est perpétuation du mouvement d’expansion de la vie. La protection, quant à elle, se nourrit de la peur, laquelle est contraction, fermeture, séparation, extinction, cloisonnement, jugement et irresponsabilité. »

Extrait de « La Symphonie des Âmes » Ed. Guy Trédaniel