La joie

La joie ne réside pas dans l’atteinte d’un objectif, l’obtention d’un bien, l’occupation d’un lieu ou la proximité plus ou moins grande avec telle ou telle personne. La joie ne s’acquiert ni ne se développe en fonction d’éléments extérieurs, ou alors elle est confondue avec de la satisfaction, du plaisir ou du contentement, qui sont « ces bonnes choses » auxquelles l’on prédit toujours une fin inéluctable.

Croire que la joie est tributaire de circonstances observables est le moyen le plus sûr de ressentir frustration, manque ou tristesse dès la disparition ou la diminution de ces circonstances. Afficher un sourire ou éclater de rire n’est pas nécessairement expression de la joie. En effet, bien des mesquineries, des dénis de soi ou des hypocrisies se dissimulent derrière des sourires de façade. Et bien des moqueries, des rejets, des railleries engendrent de faciles rires en cascade, comme si la souffrance ou l’ignorance d’autrui pouvaient être réjouissantes.

A l’inverse, des larmes, aussi abondantes puissent-elles paraître, ne sont pas forcément signe d’amertume, mais bien souvent un baume extraordinaire qui, littéralement, coule de Source.

La joie est un sourire silencieux qui marche sans but avec une infinie légèreté et une profondeur insondable, juste mû par la certitude inébranlable d’être pleinement responsable de tout ce qui advient dans l’existence.

C’est un état libéré de toute forme de victimisation, de toute notion de culpabilité, de tout élan sauveur. C’est un abandon de toute idée d’échec ou de réussite, au profit d’une gratitude qui accueille, comme une bénédiction, chaque respiration, chaque apnée, chaque pulsation et chaque soubresaut.

C’est un joyau qui jamais ne se trouve lorsqu’on le cherche mais se révèle à celles et ceux reconnaissant que la Vie, dans sa plénitude, est écrin.

C’est une conscience pleinement déployée dans l’instant présent, oubliant hier et ignorant demain, une conscience qui se sait à la fois don et réception, cause et conséquence, créatrice et création.

C’est une absolue absence d’attente qui est ouverture à la toute puissance de ce qui naît, ici et maintenant, en réponse amoureuse et parfaite à la vibration du cœur et à la fréquence de l’âme.