L’éveil

La plus élevée des prises de conscience est bien peu si le corps n’en est pas informé.
Éveiller ou ouvrir la conscience est chose aisée. Enfermez n’importe quel être humain dans une situation relativement oppressante ou contraignante, il aura tôt fait de s’évader en esprit. Il s’évadera en méditations, en prières, en sommeil, en rêves, en fantasmes, en espoirs, dans un « plus haut », un « plus tard », un « ailleurs » auquel son corps n’a pas accès, lequel, en apparence, est soumis à l’obligation de s’éteindre progressivement, comme si, en dépit de toute la Lumière conscientisée par l’esprit qui l’anime, il en demeurait privé.
Chacun sait, au plus profond de soi, que l’éveil de la conscience n’est qu’une étape. Peut-être même la première…
La véritable ascension procède d’un double mouvement : à la fois vers le haut et le bas, vers le subtil et le dense, vers l’infiniment grand et l’infiniment petit. À la fois vers les cieux et le cœur des cellules.

Gregory Mutombo