L’humilité

L’humilité est cette mise à l’humus du genou, cette génuflexion de la personne qui s’incline devant la toute-puissance divine qui l’anime. Le Soi – ou Esprit – n’est pas orgueilleux. Il n’est pas humble non plus.
Où s’arrête l’orgueil ? Où débute l’humilité ? Bien éclairé serait celui en capacité de déterminer leurs limites respectives. Ces deux attitudes appartiennent à la sphère de l’existence relative, celle d’un espace-temps créé pour l’apprentissage de ce qui ne s’apprend pas.
L’orgueil nous masque notre ignorance ; l’humilité tend à nous en faire mesurer progressivement l’étendue. L’orgueilleux n’apprend rien tandis que l’humble apprend qu’il ne sait rien.
Humilité n’est pas soumission. « Qu’il soit fait selon Ta Volonté et non la mienne » est expression pure de cette humilité. Prononcée depuis le cœur du cœur de notre cœur, cette demande est l’appel le plus vibrant qui soit à la réalisation de l’unité du fond et de la forme, du subtil et du dense, de l’éternité et du temporel, du Divin et de l’humain. Cette demande est reconnaissance de l’inanité de toutes ces tentatives personnelles de rejoindre, par l’effort, ce qui, en vérité, n’a jamais été éloigné, caché ou tenu à distance. Quoi de plus inspirant, en ce monde à l’allure parfois frénétique, que l’humilité d’un esprit brillant qui renonce à tous les honneurs pour s’offrir à un destin invisible ?
Il n’y a cependant pas lieu de cultiver l’humilité telle une vertu à faire grandir. Cette démarche serait hypocrite : l’humble véritable n’a pas conscience de son humilité ni encore moins ne la commente…

Gregory Mutombo – Extrait de « Le Feu de l’Esprit » (Éd. Trédaniel)