Laisser la Grâce œuvrer dans notre vie

Là où on place sa conscience est là où on vit son expérience

Un très grand nombre d’humains ne se fient qu’aux lois physiques, c’est-à-dire à celles que leurs cinq sens sont en capacité de vérifier. Ils prennent ainsi pour acquis et immuable le principe que certaines causes engendrent toujours les mêmes conséquences : la force de gravitation, certains pronostics médicaux, le déroulement d’une journée et souvent, globalement, celui d’une vie. Quand bien même beaucoup se disent « croyants » ou « ouverts », dans leur expérience directe, l’idée de Grâce résiste bien mal aux multiples situations confrontantes du quotidien plutôt vues comme des fatalités, des épreuves, des obligations, des absences de choix ou des contraintes transmises de génération en génération.

Décider par soi-même ou faire le choix de l’humilité

Plutôt que de s’abandonner à la Grâce, à l’humilité d’un « je ne sais pas », d’un « et pourquoi pas ? », la majorité donne systématiquement à l’intellect, à la raison la mission éreintante de trouver une solution à chaque « problématique » rencontrée, à chaque « mauvaise » nouvelle annoncée. Évidemment, ce fonctionnement renforce par lui-même les croyances desquelles il procède : être certain de la manière dont les choses vont se passer est une « excellente » manière de fermer la porte au merveilleux, à l’extraordinaire dans l’existence. Cette certitude de connaître le fonctionnement général de la vie, parfois vue comme du bon sens ou de l’intelligence est en vérité une prison matricielle en laquelle n’advient que du déjà-vu. Au mieux, cet état d’esprit place la Grâce au rang de hasard, de chance ou de récompense divine. Et la fatalité, dans tous les domaines ou presque, demeure la norme.

Miracle et libre arbitre

S’il est bien un droit sacré dont dispose l’être humain de façon inaliénable, c’est celui d’utiliser son libre arbitre comme bon lui semble. Ainsi, s’il décide, par son choix de regard, par ses croyances, que certaines choses sont impossibles ou, hypothétiquement, au profit d’une infime poignée d’élus, de chanceux ou de miraculés, alors l’Univers respecte cette façon de voir.En revanche, si, face à la force et la pesanteur de certaines épreuves, ce libre arbitre est consciemment et humblement orienté vers une aide subtile, inconnaissable, immédiatement invisible, mentalement inaccessible, alors tout devient possible. Les lois physiques habituellement applicables sont transcendées : une maladie réputée incurable disparaît, une porte cadenassée s’ouvre d’elle-même, une intuition amène une inimaginable clarté, une rencontre impromptue résout un nœud existentiel, l’épreuve devient bénédiction, la montagne s’efface. En somme, le miracle survient.

De la routine au lâcher prise

Dans l’empressement du quotidien, il est certes tentant de concevoir la vie comme une suite de problèmes à régler, entrecoupée de petits temps d’accalmie. Pourtant, sans pour cela tomber dans un attentisme béat, il ne tient qu’à soi, à chaque seconde, de se poser la question : et si, pour une fois, je laissais la Grâce œuvrer à ma place ?…

Gregory Mutombo