Déconfinements… (COVID-19)

Pour beaucoup, les temps sont à la revisite des priorités, des élans, des désirs, des ambitions et, surtout, de la définition de ce qui constitue le véritable trait d’union entre les humains.

Quel est donc ce trait d’union ? Peut-on en être privé(e) du fait de ne pas pouvoir s’approcher de l’autre ? Est-ce que la peur d’être contaminé(e) est plus puissante que la certitude que rien ne peut, en vérité, nous atteindre que nous ne portions déjà en nous ?

Nous n’avons pas attendu cet épisode du Covid-19 pour appliquer avec bonne conscience les gestes dits « barrières »… De tout temps, et à chaque fois qu’il a été dit qu’il fallait mettre une distance entre l’autre et soi, les humains ont instauré ce genre de « gestes » : ils n’ont cessé de construire ou d’ériger des murailles, des fortifications, des frontières, des murs de séparation, des portes blindées, des sas de sécurité, des filtrages, des fossés, des castes, des partis, des clubs, etc. Les humains ont souvent besoin d’un « quelque chose » en particulier pour justifier, d’une manière ou d’une autre, qu’autrui est potentiellement dangereux et qu’il pèse un risque réel, un danger avéré sur leur existence.

J’ai beaucoup écrit sur le thème de la personnalité, de la personne, des personnages joués par l’ego et, bien sûr, sur cette notion de « développement personnel » face à laquelle je prône résolument celle de « dépouillement personnel ». Ainsi que je l’écrivais dans « Le Feu de l’Esprit », la personne que l’on croit parfois être – ce « personnage » – vient du mot latin « persona » qui signifie « masque ». Jouer un personnage ou s’identifer à la personne que l’on voit dans le miroir revient donc à porter un masque.

Au-delà des symptômes physiologiques que nul ne nie, il peut être utile d’appréhender avec un peu de recul cette instauration de gestes « barrières » et cette réglementation relative au port obligatoire du masque, car cela conduit à se poser les vraies questions : une fois mon masque enlevé, ai-je vraiment enlevé mon masque ? Une fois la renonciation aux gestes barrières officiellement actée,  ai-je réellement fait tomber la barrière entre moi et les autres ? Une fois l’annonce officielle de la fin de la menace, aurai-je cessé d’avoir peur qu’il m’arrive quelque chose par la force d’un destin funeste, en dépit de la confiance que je prétends souvent avoir en « la vie » ?

Je ne suis évidemment pas en train de prendre position pour ou contre le port du masque de papier ou de tissu. Il est pour moi parfaitement insignifiant par rapport à celui inconsciemment porté par un grand nombre d’êtres humains avec, apparemment et apparemment seulement, beaucoup plus de confort.

La liberté, la proximité, l’authenticité, le partage et l’unité véritables n’ont que faire des « gestes barrières » et autres morceaux de tissus placés sur la bouche et le nez. Se croire privé(e) de quoi que ce soit du fait de leur application actuelle est un moyen très sûr de les remplacer immédiatement par d’autres artifices de séparation et de distanciation une fois les règles sanitaires allégées et le virus « vaincu »…