Du présentiel au distanciel

Beaucoup m’ont fait part, ces dernières semaines, d’une forme de « nostalgie du présentiel », qui semble se renforcer à l’approche de la rentrée de septembre. On y développe l’attente d’un retour à la normale sur le plan sanitaire permettant une reprise des séminaires/rencontres en présence.

Il est à concevoir que l’on se trompe ici de voie et que l’on méconnait collectivement l’invitation universelle à plus de cohérence. En effet, combien sont les chercheurs spirituels, les aspirants à l’« éveil », les porteurs de projets élevés qui déclarent avec vigueur l’unité vibratoire et la reconnaissance absolue de l’autre en tant que soi-même mais qui, pourtant, pensent trouver un « plus » ou « mieux » dans une rencontre physique par rapport à un rendez-vous numérique. Ceci est un piège bien ficelé : la rencontre virtuelle n’est pas celle que l’on croit.

Ainsi que je l’ai écrit dans un chapitre du livre « Le Feu de l’Esprit », il réside un phénomène vibratoire particulier au contact physique des êtres qui éveillent en soi une aspiration élevée. Dans l’aura de l’enseignant, il est fréquent de ressentir une euphorie énergétique qui en amène beaucoup à qualifier les séminaires de « puissants ». En vérité, cette puissance aura tôt fait de s’estomper à la fin de la rencontre, laissant derrière elle des réactions d’attentes et de projections qui s’avèrent de réels freins au travail véritable, celui de la reconnaissance en soi de toutes les parts cachées. Bien camouflé dans les attentes de la rencontre particulière, l’ego spirituel en profite pour faire diversion à ce qui devrait être l’œuvre d’une vie : l’éclairage en soi de tout ce qui maintient la séparation – travail très inconfortable par nature.

Cet écueil du présentiel, je l’ai observé et démonté à de nombreuses reprises ces cinq dernières années. Ce constat répété m’a fait prendre la décision fin 2019 d’opérer une transition vers la transmission à distance que je sais être bien plus pertinente par la focalisation d’intention induite, par la relation exclusive « face à face » à l’écran et par l’élimination de la pollution énergétique liée aux attentes et projections du présentiel. Les événements sanitaires de 2020 n’ont pas été les déclencheurs de cette décision mais un accélérateur puissant de sa mise en place, avec notamment le cursus Unicités 2020-2021.

Lorsqu’une intention claire est ainsi soutenue par les événements de la vie, il est bien entendu que la marche arrière est impossible car contre-nature. Quelle que soit la situation sanitaire à venir, mes transmissions n’ont pas vocation à revenir à une forme antérieure de séminaire en salle. Seules d’occasionnelles conférences seront proposées auprès d’associations vis-à-vis desquelles je me suis engagé depuis plusieurs années.

Dans cette élévation collective et cette aspiration commune, la phrase « nous ne sommes pas séparés » ne peut plus être une simple formule spirituelle reniée aussi vite qu’elle est prononcée. Je suis vous et vous êtes moi, à travers mes mots vous vous enseignez à vous-même dans ce face à face qui n’a rien de virtuel.

De tout cœur, de toute éternité,

Gregory Mutombo