Expérience collective et choix individuels

Le contexte actuel invite chacune et chacun, à son niveau, à être lucide sur ses peurs et ses différentes stratégies mises en place pour éviter de (trop) les sentir.
Virus, pandémie, contamination, protection, gestes barrières, confinement, couvre-feu, obligation vaccinale, pass sanitaire, etc. sont autant d’épouvantails capables de générer de la peur : peur d’être contaminé ou de contaminer, d’être malade, de mourir, d’être enfermé, privé de liberté, d’être sanctionné, contraint, ostracisé, pointé du doigt.
Également : peur des potentiels effets secondaires d’un vaccin aux contours relativement imprécis ou, à l’inverse, peur de ne pas être vacciné dans les délais prescrits.
En somme, la situation sanitaire actuelle est en capacité de stimuler chez quiconque une ou plusieurs peurs. Cette ou ces stimulations entraînent des réactions différentes selon les personnes : indignation / rébellion / opposition vis-à-vis des contraintes gouvernementales, condamnation globale du concept « vaccin » ou, au contraire, ruée vers les centres de vaccination, tentation forte de rallier un camp (celui des pro-vaccin ou des anti-vaccin), tentation de désigner des « traîtres » (ceux qui refusent la vaccination ou bien ceux qui la préconisent voire militent pour son obligation)…
Ainsi, l’enjeu actuel, pour toute l’humanité – et en particulier la portion de celle-ci qui aspire réellement à s’élever au-dessus d’une perpétuelle dualité stérile – n’est pas de se positionner en « pour ou contre quelque chose » mais bien davantage de concevoir que chaque événement de portée collective est une invitation à être lucide sur le pouvoir de la peur et le recours effréné aux stratégies d’anesthésie et de dissimulation de cette sensation/émotion.
S’indigner contre une mesure restrictive est une stratégie de dissimulation. Se jeter sur un remède présumé est une stratégie de dissimulation. Lancer une pétition contre tel ou tel projet ou règle est une stratégie de dissimulation. Prier pour que la pandémie s’arrête vite est une stratégie de dissimulation.
Concevez bien qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise posture à adopter face au virus, au vaccin, aux restrictions et ainsi de suite. Il ne s’agit pas de se positionner en faveur de quelque chose ou bien contre une autre chose, mais bien de se questionner avec profondeur et honnêteté : « quelle peur en moi est stimulée par l’un ou l’autre des aspects de la situation actuelle ? »
Il ne s’agit pas non plus de regarder « les autres » et de se dire : « que font-ils ? » et puis de suivre le troupeau ou les vents dominants.
Il existe 4 paliers d’incarnation parmi l’humanité qui sont autant de niveaux de conscience et d’expérience (je les détaille dans mon livre la Symphonie des âmes). Ainsi, en fonction du palier sur lequel un humain réalise son expérience de vie, l’action que lui inspire la situation sanitaire ne sera pas la même. Par exemple, pour une personne du premier palier (qui expérimente notamment la notion de survie), il est juste qu’elle fasse le choix permanent de la protection, du repli et de la sauvegarde réflexe, avant évidemment, de guerre lasse, de passer à autre chose. Cela veut dire que chacun, en son âme et conscience, a à réaliser des choix, à prendre des décisions qui correspondent à la transcendance du palier précédent et des peurs qui y règnent en maîtresses.
Transcender ses peurs, encore une fois, ce n’est pas prendre des décisions qui annihilent les peurs ou les enfouissent dans le sol. Non, c’est utiliser chaque expérience/épreuve offerte par le quotidien pour s’élever au-dessus de la riposte, la colère, la rébellion, le rejet, le jugement, la soumission ou la fuite et s’ancrer de plus en plus dans la responsabilité, la vérité, l’autonomie et l’unicité.

Gregory Mutombo