La rentrée

Pour beaucoup, le mois de septembre est synonyme de rentrée.

Ce terme de « rentrée » désigne tout autant le fait de revenir dans un lieu que l’on avait quitté que celui de reprendre ses fonctions ou ses activités après l’interruption des vacances estivales.
Pour beaucoup, la rentrée implique un mouvement : rentrer chez soi, retourner au travail, rentrer au lycée, etc.
Pour certains, c’est la fin d’une période d’insouciance ou de relative légèreté qui laisse de nouveau place à une sensation de routine, de contrainte, d’obligations ou de tensions. Pour d’autres, qui s’alignent plus ou moins consciemment sur le rythme des saisons, la rentrée de septembre invite à compenser la baisse de luminosité extérieure par une augmentation de la clarté mise sur l’activité « intérieure » (pensées, émotions, désirs, choix, actions, réactions, relations, projets…) Parfois, évidemment, ces deux ressentis alternent, selon le pouvoir donné aux évènements et à ceux qui semblent les susciter.
L’automne qui s’en vient est, dit-on souvent, propice à la dépression ou, du moins, à l’installation d’une certaine morosité. C’est une réalité certes observable mais dont on peut aussi essayer de comprendre les mécanismes.

Il peut ainsi être intéressant de s’interroger sur cette notion de « rentrée » et ce qu’elle signifie pour soi, au-delà de la grande vague qui, dans une même courte période, touche des millions de personnes.
Dans quoi, concrètement, suis-je appelé(e) à rentrer ? Est-ce que ce mouvement est le mien ou un mouvement de foule auquel j’obéis par habitude ? Suis-je en mesure de rentrer sans me retrouver « hors de moi » ?
La reprise des activités ne signifie pas nécessairement entrer dans une période de compromis, de concessions, de renoncements, de déni de soi ou, encore, de soumission à la somme de toutes ses peurs. Si c’est vous qui reprenez vos activités et non elles qui vous reprennent, rien ne s’oppose plus, alors, à un plein équilibre entre votre existence « extérieure » et votre vie intérieure…
Assurément, la luminosité va décroître dans les semaines à venir. Assurément, pour beaucoup de celles et ceux qui négligeront d’illuminer leur univers intérieur – ou, du moins, de veiller sur leur petite flamme -, une sensation de pesanteur, de densité, de lourdeur ou de mélancolie pourra s’installer en eux, biaiser leur perception du monde et les inciter à (r)entrer en résistance ou en opposition avec une multitude de situations en apparence extérieures.
Pour une large proportion d’êtres humains, cela se déroule ainsi chaque année, à chaque rentrée, vous l’avez évidemment remarqué…
Dans cette période notable dite de  » rentrée », puissiez-vous donc goûter la joie de rentrer vraiment : rentrer en relation, rentrer en amour, rentrer dans chaque expérience proposée. En somme, rentrer dans ce monde sans sortir de vous-mêmes.


Gregory Mutombo